Notre démarche d’enquête est ancrée dans le local d’accueil libre de Cressy [LAL] et se fonde sur les observations de terrain et des entretiens avec les professionnel∙les et les jeunes.
Nous avons constaté que les caractéristiques principales du LAL se structuraient autour d’une culture familière. D’après Wicht (2016), la culture familière, se caractérise par la création de liens de confiance avec les jeunes, fondée sur l’accompagnement et dirigé vers l’autonomie, qui se base sur une forme de « responsabilité collective » (p.2).
D’après nos résultats, cette culture familière au sein du LAL s’inscrit dans les principes fondamentaux du local, notamment la libre adhésion, les relations interpersonnelles, l’écoute active, l’inclusion des jeunes, la proximité, ainsi que la dimension intergénérationnelle qui caractérisent le quartier. Soulignons que le positionnement de Cressy, en périphérie de Genève, constitue un facteur d’isolement à prendre en considération dans le déploiement des liens sociaux dans ce territoire. L’isolement peut renforcer la dimension familière du quartier, créant ainsi des liens de proximité spécifiques.
Nous avons mené plusieurs observations sur le terrain, afin de comprendre le dynamique de quartier et de s’en imprégner, de faire connaissance avec les jeunes et avec les travailleur∙euse∙s hors murs [TSHM] dans le but de créer un lien de confiance en vue des entretiens.
Par la suite, nous avons réalisé des entretiens avec deux professionnels du BUPP : un moniteur (Angelo[1]) et un assistant socio-éducatif (Adam[2]). Nous avons également rencontré un jeune, responsable du SAS (Marwan), le studio d’enregistrement situé à Confignon. Au fil de nos venues au LAL, nous avons pu entrer en contact avec différents groupes de jeunes. Cela nous a permis de mener deux entretiens : l’un avec Aisha[3], une jeune fille de 15 ans, et l’autre avec Maeva et Lisa, âgées de 18 ans.
Notre recherche au sein du quartier, nous a montré une imbrication entre trois dimensions : le quartier, les jeunes et les professionnel∙le∙s. Ces trois axes se co-construisent au sein du local de Cressy. Nous avons pu observer qu’elles s’influencent mutuellement dans leur dynamique quotidienne et dans la manière dont le LAL est investi et vécu par les différent∙es acteur∙ice∙s.
[1] Nom fictif
[2] Nom fictif
[3] Nom fictif
Bibliographie :
Paugam, S. (dir.) (2014). L’intégration inégale : Force, fragilité et rupture des liens sociaux. Presses Universitaires de France. https://doi.org/10.3917/puf.paug.2014.01.
Bresson, M. (2007). Peut-on parler d’un échec de la participation dans les quartiers « sensibles » en France ? Réflexion sur la pluralité des attentes et les confusions autour de ce thème. Pensée plurielle, 15(2), 121-128. https://doi.org/10.3917/pp.015.0121.
Wicht, L. & Peradotto, J. (2016). Jeunes désaffiliés dans un contexte de «haute qualification» VIA: un dispositif local et coopératif. Dans B. Vittori (Dir.), Au risque de la prévention: enfance, jeunesse, familles et travail social: de la prévention précoce à la participation sociale, Genève: Editions IES. 219-236
