Notre thématique porte sur la citoyenneté des jeunes dans l’espace public, en particulier dans le cadre du travail des TSHM du BUPP sur trois territoires : Onex/Cressy, Bernex et Champagne. L’objectif était de comprendre comment les jeunes occupent ces espaces, comment ils et elles interagissent avec les professionnel·les et comment ces dernier·ères perçoivent les enjeux liés à la présence juvénile dans ces zones.
Notre méthodologie de récolte des données s’est organisée en plusieurs étapes. Comme abordé ci-dessus, nous avons mené des entretiens avec les TSHM des trois territoires afin de recueillir leur point de vue sur les enjeux, les pratiques, les difficultés et les leviers d’action. Nous avons ensuite participé aux tournées aux côtés des professionnel·le·s, ce qui nous a permis de rencontrer directement les jeunes fréquentant ces espaces. Les voix recueillies étaient donc celles des TSHM, des jeunes croisé·es dans la rue, ainsi que des professionnel·les présents dans les structures de proximité (maisons de quartier, animateur·trices, agent·es communal·es selon les lieux). Cette diversité nous a offert une vision large des réalités vécues.
Dans notre analyse, nous avons mobilisé plusieurs concepts : les espaces intercalaires, pour comprendre où et comment les jeunes se retrouvent dans des zones « entre-deux » (parkings privés ou publics, cages d’escalier, arrières des centres commerciaux). La visibilité et l’invisibilité des jeunes, selon les lieux et les périodes. La mobilité, essentielle pour comprendre comment les jeunes d’autres communes/quartiers pouvaient intervenir dans les territoires du BUPP. La posture professionnelle, qui influence la manière d’aborder les situations rencontrées en rue. Les demandes et non-demandes, pour analyser la manière dont les jeunes sollicitent (ou non) les TSHM. Mais aussi des notions comme «Aller vers» et la création de lien.
Le traitement des données a été une étape longue et complexe, du fait que nous avions trois terrains différents. Miro nous a été utile pour organiser nos observations, comparer les terrains, faire ressortir les points communs et les spécificités, puis structurer nos idées en vue d’analyser plus facilement pour ensuite simplifier la création des stories. Cet outil nous a aidé à visualiser les informations, à catégoriser les thèmes et à construire progressivement un récit cohérent.
Les principaux résultats montrent que chaque territoire présente des dynamiques particulières :
Onex/Cressy : une grande dispersion des spots, beaucoup d’espaces urbains et une nécessité pour les TSHM de rester très mobiles.
Bernex : une diversité de zones à enjeux (Forum, Bernex-en-Combe, parcs, vignes), avec des jeunes très visibles à certains moments de la journée.
Champagne : des regroupements souvent discrets, parfois en lien avec des lieux privés ou semi-privés qui compliquent l’intervention.
De manière générale, notre enquête montre que les tournées de rue reposent sur une forte adaptation, une présence régulière et une construction progressive du lien avec les jeunes. Les stories réalisées sont donc le résultat de ce travail d’immersion, de tri, d’analyse et d’interprétation collective, rendu possible grâce aux outils collaboratifs utilisés tout au long du processus.
Bibliographie :
Fondation genevoise pour l’animation socioculturelle (FASe). (2023). Le travail social hors murs à la FASe : Référentiel opérationnel – Principes et mission, modalités d’intervention, organisation (Version révisée 2023). FASe.
Plateforme romande du Travail Social Hors Murs. (2017). « Référentiel » du travail social hors murs : Dire les pratiques pour mettre en lumière collectivement un savoir-faire professionnel. Éditions Slatkine.
Wicht, L.(2025). Jeunesses, précarité et sentiment d’insécurité : la réponse du Travail social hors murs (TSHM)[Présentation PowerPoint]. Haute école de travail social de Genève.
