De l’accueil collectif au suivi individuel, le savoir – faire des TSHM

Dans le cadre de notre travail de groupe, nous avons mené une enquête de terrain au sein du local d’accueil libre (LAL) du BUPP à Onex afin de comprendre le fonctionnement de la structure et les besoins des jeunes qui la fréquentent. L’objectif principal était d’identifier, à partir d’observations et d’entretiens, comment les travailleurs sociaux hors murs (TSHM) interprètent et répondent aux réalités rencontrées par ces jeunes.

La démarche a débuté par une phase d’exploration comprenant l’identification de notre problématique et la préparation de nos outils de collecte. Nous avons ensuite réalisé quelques observations directes sur le terrain du BUPP nous permettant de repérer les dynamiques entre les jeunes et les professionnels ainsi que les logiques d’adhésion au local. En parallèle, nous avons interviewé des jeunes ainsi que différents partenaires des TSHM (CFPP, Ax’Emploi, Santé sexuelle) ayant régulièrement des suivis avec des jeunes fréquentant le LAL.

Les matériaux collectés ont été organisés et analysés selon 3 axes, identifiés plus clairement au fil de l’enquête : la dimension collective, qui permet de comprendre comment le LAL fonctionne comme un espace d’accueil et de socialisation où les jeunes se rendent pour des raisons de proximité, de réseau ou de recherche d’un espace où ils se sentent reconnus. La dimension individuelle, qui met en lumière le suivi personnalisé, les entretiens, l’accompagnement éducatif et la manière dont les TSHM adaptent leurs interventions aux besoins spécifiques de chaque jeune, notamment lors de périodes de rupture, de décrochage ou de démarches administratives. Enfin, le travail en réseau, qui montre comment les TSHM collaborent avec d’autres partenaires institutionnels afin d’assurer une continuité d’accompagnement et de répondre au mieux aux situations complexes rencontrées par les jeunes.

Les résultats de notre enquête rejoignent plusieurs concepts du travail social de proximité. La proximité familière (Breviglieri, 2008) explique pourquoi le LAL fonctionne comme un lieu accueillant et accessible : les jeunes s’y rendent facilement et s’y sentent reconnu·e·s.

Cette proximité facilite aussi la création d’un lien de confiance, essentiel pour aborder des situations personnelles aux moments opportuns. Ce lien, construit dans la durée, permet aux jeunes de se confier et rejoint notre axe ‘individuel’, qui met en évidence l’importance d’un suivi personnalisé et non jugeant. ‘’Créer un lien confiance’’ est ressorti dans chacun de nos entretiens avec les différent·e·s professionnel·le·s comme un élément-clé dans la construction d’un lien collaboratif permettant d’aider concrètement les jeunes concerné·e·s. Sans cette confiance, il parait difficile d’entrer réellement en matière avec eux·elles, ce qui est la première étape pour un suivi efficace.

Nous avons également observé la dimension artisanale (Sennett, 2010), c’est-à-dire un accompagnement “sur mesure”, ajusté à chaque jeune. Les TSHM alternent écoute, conseils, médiations ou accompagnements courts ou longs selon les besoins, ce qui montre la flexibilité du dispositif. Enfin, l’’aller-vers’’ est un outil clé pour le travail de terrain : les TSHM se déplacent vers les jeunes et collaborent avec les partenaires du quartier. Cela renforce notre axe ‘réseau’, en montrant comment la coopération permet de mieux soutenir les jeunes dans leur quotidien. L’aller-vers constitue une des bases de leur travail.

Bibliographie :

Wicht, L., & Peradotto, J. (2016). Modélisation des dispositifs de travail social de proximité auprès des jeunes en situation de précarité. HETS.

PNL. (2015). Onizuka [Instrumental]. YouTube.